• Week-end de randonnée et de bivouac dans le Jura

    Boucle à partir de Lélex, réalisée du 20 au 22 avril 2019

    La randonnée en montagne est une activité vivifiante pour se dégourdir et entretenir sa santé. Les vastes espaces offrent une profondeur de perspective au regard apaisant l'esprit.

     

    Le pays jurassien, exposant des paysages doux et vallonés, une nature sauvage et des belles combes, est accessible à tous.

     

    Avec mes amis, nous avons choisi les trois jours du week-end de Pâques pour nous y rendre. Venant de Paris, nous ne savions guère ce que nous trouverions sur notre chemin, de la neige ou des fleurs. En ce moment de transition saisonnière, la nature nous offrit les deux ! L'on peut dire que nous étions les premiers bivouaqueurs en ces lieux lors de cette époque pré-printanière.

  • Description

    Le parcours

    Au départ de Lélex (dans l'Ain), la boucle qui se parcourt en deux jours et demi combine l’itinéraire principal de la Grande Traversée du Jura (GTJ) et quelques passages sur les GR509 et GR9.

     

    La traversée promet de beaux paysages, par exemple un passage dans la réserve naturelle nationale, et, depuis les crêtes de la haute Chaine du Jura, un fabuleux point de vue sur le lac Léman et le massif du Mont-Blanc .

     

    L'altitude variant de 850 à 1688 mètres, la difficulté reste moyenne. La meilleure période pour réaliser cette boucle se situe de mai à septembre, quand le temps est doux et que la neige a fondu.

  • Itinéraire et programme

    Une boucle à pieds parcourue en 2 jours et demi

    Nous sommes partis de Paris le vendredi soir, avons dormi en chemin à Bourg-en-Bresse, et fait la dernière heure de route jusqu'à Lélex le samedi matin.

     

    Avec les informations trouvées sur le site de L'Association Grandes Traversées du Jura, nous avions prévu le parcours suivant :

    Jour 1 : Lélex > Mijoux : 17 km, on grimpe sur les crêtes et on en prend plein la vue.

    Jour 2 : Mijoux > Bellecombe : 19,5 km, on parcourt les combes entre forêts et sentiers caillouteux

    Jour 3 : Bellecombe > Lélex : 8,8 km, on prend une dernière bouffée d'air frais dans la nature avant le retour

     

    Cependant pour s'assurer que les sentiers soient praticables et que le temps serait beau, nous avions appelé l'Office du tourisme quelques jours avant le départ. On nous avait informé que la présence de neige rendait pour le moment le passage sur les crêtes difficile, voire impraticable pour les amateurs que nous sommes. Cependant, il y aurait d'autres sentiers à explorer.

     

    Nous décidions d'improviser sur le moment à l'aide de notre carte IGN et des informations que nous recueillerions sur place.

     

    À notre arrivée à Lélex le samedi matin, l'office de tourisme était fermée. Le soleil était lui bien présent ! Nous nous sommes rendus au bar Chez Simone pour prendre une boisson chaude avant de commencer notre randonnée et pour demander des dernières informations. La propriétaire Simone et les chalands du coin nous ont expliqué qu'il serait imprudent de grimper sur les crêtes en raison de la glace et de la neige (presque 1 mètre !) sans matériel approprié.

     

    Nous avons alors repéré sur notre carte un chemin alternatif pour la première journée, avec des arrivées différées dans les villages des jours 2 et 3. Heureusement, le Jura est beau quel que soit le chemin choisi...

     

  • Itinéraire alternatif

    Quand la neige et la glace ne rendent pas les crêtes praticables

     

    Quand on est bloqué par la neige, que son sac à dos est trop lourd, que l'on souhaite préserver ses mollets et ses genoux des grosses montées, il est possible de couper à travers les combes et la forêt entre Lélex et Les Molunes. Le sentier, selon les portions empruntées, est balisé par la GTJ et le GR. On peut alors admirer de loin les crêtes magnifiques sous le soleil et observer leurs beaux versants.

  • La randonnée

    Jour 1 : Lélex - Les Moussières

    Avant de commencer la randonnée, il fallait s'approvisionner pour les repas.

     

    À notre arrivée à Lélex, la boulangerie et la petite supérette étaient ouvertes (ouverture les dimanches matin et en semaine jusqu'à 16h30). Nous avons fait des provisions pour le repas du midi et du soir seulement : boîtes de conserve de lentilles, fromage, pain, fruits et graines. On nous avait en effet indiqué que l'on trouverait, le lendemain à Les Moussières, une autre supérette, ouverte le matin.

     

    Nous nous sommes ensuite engagés sur le chemin de la randonnée en suivant le balisage et le tracé sur notre carte IGN.

     

    Le parcours fut très beau, nous avons traversé des forêts (parfois avec de la neige jusqu'aux genoux !), de grandes plaines et des petits chemins de campagne. Le soir, vers 19h et avant que la nuit ne tombe complètement, nous nous sommes arrêtés dans une jolie prairie à côté d'un terrain où broutaient des vaches. Nous avons trouvé un coin d'herbe fraîche sur une surface plane pour planter la tente. Nous avons ensuite marché 1km plus loin jusqu'au village de Les Moussières, pour faire des réserves en eau via une fontaine que nous avions repérée sur notre carte.

     

    La nuit est ensuite vite arrivée et nous avons dîné aux lumières du coucher du soleil. Et puis à l'aide de notre petit réchaud, nous avons fait un peu de thé avant de partir nous coucher vers 21h30...

    Jour 2 : Les Moussières et La Pesse

    Nous nous sommes réveillés tôt, vers 7h. L'air était frais et humide, mais par chance, il n'y a pas eu de pluie durant la nuit. Après un petit-déjeuner sommaire avec les derniers morceaux de fromage et un bout de pain qu'il nous restait, nous nous sommes mis en route vers la supérette que l'on nous avait indiquée à Lélex.

     

    À notre arrivée, le supermarché où l'on devait faire les courses était fermé... Nous sommes donc allés à la fromagerie juste à côté, qui est ouverte à priori tous les jours.

    Nous avons choisi de beaux morceaux et l'on peut dire que l'on n'avait jamais goûté un aussi bon comté ! Tant mieux parce qu'il n'y avait que ça à manger en ce week-end de Pâques...

     

    Tout de même, la fromagère nous a indiqué une autre supérette et une boulangerie qui pouvaient être ouvertes, à 8km de là, jusqu'à midi, dans le village de La Pesse. Nous y sommes allés à toute vitesse ! Nous y sommes arrivés à temps, un peu avant midi, et avons pu acheter du pain, des fruits et quelques conserves pour la journée et le petit-déjeuner du lendemain.

     

    Nous avons ensuite continué la randonnée jusqu'à la borne au lion où nous avons fait notre pause déjeuner. La Borne au Lion marque la frontière administrative entre les départements du Jura et de l'Ain. Plus loin dans l'histoire, le lieu fut la frontière entre les royaumes de France, d'Espagne et d'Italie, puis entre la Franche-Comté et le Bugey par le traité d'Auxonne en 1612. La Borne au Lion tient son nom actuel du lion de Franche-Comté gravé sur sa face correspondante. Elle est maintenant un repère pour les randonneurs qui rejoignent le Crêt de Chalam.

     

    Nous avons ensuite marché à travers la forêt et les collines jusqu'à La Pesse, puis la nuit commença à tomber. Nous pensions trouver une fontaine à eau dans le village mais après avoir tourné en rond, il ne recelait non seulement d'aucune fontaine, mais aussi il semblait inhabité. Nous avons dû nous installer un peu à la hâte dans un grand coin d'herbe et sommes allés chercher de l'eau auprès de jeunes gens en vacances dans un chalet non loin de notre campement.

     

    Nous avons dîné avec nos lampes frontales et sommes rapidement tombés de sommeil.

     

     

    Jour 3 : La Pesse - Lélex

    Avec la fatigue de la journée précédente et l'air humide, le levé fut un peu rude, mais nous nous sommes rapidement réchauffés aux premiers rayons de soleil. Nous avons levé le campement vers 8h et sommes partis en direction de Lélex. Nous prévoyions d'arriver en début d'après-midi pour avoir le temps de rentrer à Paris sans se retrouver coincés dans les embouteillages.

     

    La ballade fut très belle. Nous avons marché dans une forêt dense et très odorante, avec des passages enneigés et toujours des couleurs sublimes. Il faisait très beau quand nous sommes arrivés à Lélex aux alentours de 13h. Nous avons déjeuné et nettoyé notre matériel : tente, sacs de couchage et sacs à dos que nous avions loués pour l'occasion.

     

    Nous sommes rentrés ravis de notre randonnée et hâtifs de prendre une douche !

  • L'hébergement

    Bivouac ou Gîtes

    Dormir en tente

    Le lieu doit autoriser le bivouac : plusieurs endroits sont interdits, notamment les sentiers des réserves naturelles, les propriétés privées (à moins de l'accord du propriétaire) et les pâtures où les vaches peuvent se montrer très curieuses et où les exploitants ne veulent pas retrouver leur foin en pousse couché.

     

    - Prévoir un endroit où un point d'eau est identifié à proximité : cours d'eau, fontaine publique, habitation

     

    - On garde une bonne distance de sécurité, entre 200 et 300 mètres, avec les points d'eau comme les rivières, pour ne pas être surpris par une crue en cas de tempête de pluie.

     

    - On s'installe sur une surface plane et de préférence avec de l'herbe douillette pour ne pas abîmer son matelas de sol quand on en a un, ou se réveiller avec des muscles raidis quand on n'en a pas.

     

    - On abrite les sacs à dos en les mettant soit dans la tente, soit en les enveloppant dans une surface imperméable, comme une couverture de survie ou un sac-poubelle, pour ne pas les retrouver tout humide au petit matin. Idem avec ses chaussures de randonnée, on les emballe pêle-mêle dans un sac de poubelle devant l'entrée de la tente.

     

    - On ne laisse aucune nourriture à l'air libre puisqu'elle est susceptible d'attirer les animaux nocturnes.

     

    - On respecte la nature : on ne laisse aucun déchet, on ne dérange pas les animaux, on n'allume pas de feu quand on n'a pas la maîtrise du feu de camp.

     

    - On pense à monter la tente avant l'arrivée de la nuit, soit avant 19h entre avril et septembre.

     

    Surtout, le mot d'ordre est de laisser l'endroit comme si le lieu n'avait jamais accueilli qui que ce soit !

    Gîtes

    Lélex

     

    La pomme de pin – Chambre d’Hôtes 04 50 20 90 32

    Le Télémark – Gîte d’étape 04 50 20 90 27

    Refuge CAF le Ratou – Refuge 04 50 20 90 73

     

    Mijoux 

     

    La Michaille – Gîte d’étape 04 50 41 32 45

     

    Lajoux 

     

    La Haute Montagne – Hôtel Restaurant 03 84 41 20 47

    Chalet de la Baumette – Gîte d’étape 03 84 41 26 94

    Chalet Jean d’Auferville – Gîte de groupe 04 74 77 62 50

     

    Le Manon 

     

    La Maison des Inuits – Gîte d’étape 03 84 41 26 93

    Nature a tret les crêts – Gîte d’étape 03 84 41 24 55

    Le Trappeur – Hôtel Restaurant 04 84 41 21 26

     

    Les Molunes 

     

    La Vie Neuve – Gîte d’étape 03 84 41 61 97

    Ch’tit Jura – Gîte d’étape 03 84 33 18 21

     

    Les Moussières 

     

    La Pourvoirie – Gîte d’étape 03 84 41 64 91

  • Accès

    En voiture

    En voiture, il faut compter environ 4h30 à 5h de trajet depuis Paris. En partant le vendredi après la journée de travail, on peut faire une halte pour la nuit dans la commune de Bourg-en-Bresse ou un peu plus loin à Poncin. On termine le lendemain matin le trajet vers Lélex (1h environ). On peut laisser ensuite la voiture à Lélex, sur le parking en face de la boulangerie.

    En train

    En train, le temps de trajet depuis Paris est le même. On s'arrête à la gare de Bellegarde-sur-Valserine et on prend ensuite une navette en bus jusqu'à Lélex.

  • Conseils

    Équipements

    L'équipement doit être pensé avec l'idée qu'il faudra le porter dans son sac et que plus on prend de choses, plus le sac est lourd, plus la marche sera sportive voire difficile.

     

    Le nécessaire comprend un vêtement chaud, un vêtement pour se protéger de la pluie et du vent, et un vêtement de rechange au cas où l'on se trouverait mouillé.

     

    Pour le bivouac, il faut :

    - une bonne tente,

    - un bon sac à dos : 50 Litres en moyenne pour tout porter,

    - un tapis de sol, surtout pour s'isoler du froid,

    - un sac de couchage adapté à la température des nuits et des soirées,

    - un sac à viande pour s'envelopper dans son sac de couchage sans le salir et le préserver de l'usure,

    - une lampe frontale pour une soirée éclairée ou un besoin pressant pendant la nuit,

    - un petit réchaud, surtout pour un thé chaud réconfortant le soir et le matin,

    - des sangles pour accrocher son tapis et son sac de couchage au sac à dos.

     

    Si vous n'avez pas de matériel, c'est facile de louer sur Internet tout ce qu'il faut à bas prix et pour du matériel de qualité, sur le site bivouac-location par exemple. Les compagnons de voyage y ont trouvé la tente, les sacs de couchage (sacs à viande fournis), les tapis de sol et un sac à dos. Une couverture de survie est fournie en sus !

     

    Ah oui, on prend aussi sa crème solaire et on ne fait pas de zèle quand il y a des nuages : on l'applique quelque soit le temps !

    Orientation

    Le sentier de la Grande Traversée du Jura est globalement bien balisé : marques jaunes sur les arbres, ainsi que les sentiers qu'empruntent les GR : marque rouge et blanche sur les arbres. Il est revu chaque année en avril-mai.

     

    Cependant, on peut se tromper, voire carrément se perdre, ainsi nous conseillons de se munir d'une carte IGN, qui est toujours un bon allié pour retrouver facilement son chemin. On peut l'acheter sur Internet ou dans des magasins spécialisés, comme Le Vieux Campeur.

     

    La carte IGN de cette randonnée est la Top25 3328OT.

     

    En plein été, quand les routes sont généralement bien fréquentées, un Topo Guide peut suffire. Le Topo Guide offre un tracé avec une plus faible granularité que la carte IGN, mais il liste également les adresses utiles comme les hébergements sur le chemin et les moyens d'accès, il indique les difficultés et décrit les lieux : autant de bons conseils pour préparer et réaliser chaque étape.

     

    Le topo guide de cette randonnée s'appelle : « La Grande Traversée du Jura… à pied » Réf 512 

    Alimentation

    La question du ravitaillement pour les repas du midi, du soir, du matin et les creux de la journée doit être bien anticipée quand on décide de partir en bivouac.

     

    Il est important d'identifier les lieux de passage où il sera possible de trouver une épicerie (car attention, les villages et hameaux traversés sont souvent sans commerces) et de se renseigner sur les horaires d'ouverture, par exemple auprès de l'office du tourisme, pour penser ensuite l'itinéraire en ajustant les arrêts et les pauses de manière adéquate.

     

    Il faut privilégier les glucides, les protéines et les vitamines pour maintenir son énergie et avoir une bonne récupération musculaire. Le pain et le fromage sont d'excellentes sources de glucides et de protéines, les graines et les bananes de bons fournisseurs d'énergie et de vitamines. On peut également prendre quelques conserves, et surtout bien penser à l'eau ! Compter au moins 2 litres pour la journée, et installer le bivouac proche d'un point d'eau, pour l'instant fraîcheur du brossage de dents notamment.

     

    Attention à bien avoir en tête que le ravitaillement, c'est de la charge en plus à ajouter à son sac à dos. On ne prend donc que le nécessaire et on privilégie les repas froids et qui nécessitent peu de vaisselles : cuillères et couteaux, petits récipients (verre ou bol) et une casserole suffisent.

     

    Avant le départ

    Quand on part en début de saison printanière, il est conseillé d'appeler l'office du tourisme pour s'assurer que le sentier est bien praticable, surtout quand il y a des risques de neige.

     

    Nous conseillons également de lister les refuges et les gîtes ouverts sur le passage, au cas où il faudrait renoncer au bivouac.

     

    Il est nécessaire de consulter la météo avant le départ pour ne pas subir trop de surprises.

     

    Budget

    La randonnée en montagne associée au bivouac constitue un séjour idéal pour se faire du bien en dépensant peu d'argent.

     

    Ici, le budget était de 100 euros par personne et incluait :

    - l'essence pour le trajet en voiture,

    - l'hébergement en gîte du vendredi soir,

    - la location du matériel de bivouac,

    - le ravitaillement,

    - le petit-déjeuner Chez Simone

     

    Période et Météo

    La saison optimale se situe de mai à septembre.

    Avec des vêtements chauds et un bon équipement, il est possible d'étirer d'avril à octobre.